Dialogue et survie des structures religieuses par Blanche Gramusset

Vendredi 13 décembre 2019 à 20h 30 à la salle Kléber – 2 rue Kléber à Belfort

Dialogue et survie des structures religieuses

par Blanche Gramusset

Cette conférence sera précédée de l’Assemblée générale de Racines et chemins à 19h. Assemblée générale et conférence auront lieu exceptionnellement salle Kléber, 2 rue Kléber à Belfort.

 

Présentation :

Qu’advient-il quand la religion se referme sur elle-même, lorsqu’un groupe opère un repli communautaire, érige ses lois, ses traditions et ses rites en absolus qui ne peuvent être discutés, se coupe de ses contacts avec l’altérité ? Cette question, actuelle et brûlante, Spinoza se la pose déjà dans la seconde moitié du XVIIe siècle. L’Europe voit alors l’explosion des conflits religieux et, en réponse, le retour d’idéaux
théocratiques qui poussent au repli sur soi : si advient le royaume de
Dieu, à quoi bon garder contact avec l’extérieur ? Que vaudrait cette
extériorité, face à la volonté du Ciel et à une cité de Justes ? Et pourtant…  Si la rupture du dialogue, le repli communautaire et l’autarcie théocratique sont à court terme d’extraordinaires instruments au service de la pérennité du groupe, ils constituent, à plus longue échéance, des fragilités qui ne peuvent conduire qu’au délitement. C’est là que l’analyse de Spinoza est lumineuse pour notre temps : en montrant qu’un corps, vivant ou social, ne peut survivre sans une affectivité diversifiée, et que cette diversification ne peut passer que par la libération de l  a parole, il constitue un vibrant appel au dialogue. L’originalité est là : il ne s’agit pas de dire que le dialogue est une exigence religieuse ou une nécessité morale (bien d’autres l’ont soutenu), mais une nécessité sociale et politique : sans liberté de philosopher, (c’est à dire d’échanger librement, y compris sur des questions théologiques), sans un rapport constant et entretenu à l’altérité, l’affectivité d’un groupe se restreint, jusqu’à le rendre inadaptable. C’est alors la mort qui guette, c’est à dire la dissolution et la perte définitive de l’unité.

Biographie :
Professeur de philosophie

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