Migrations au Pays de Montbéliard

Mercredi 12 octobre 2016à 20 h 30 à la Maison du Peuple – Belfort

Migrations au Pays de Montbéliard

par Gérard DELAVELLE et Alexis HOPITAL

Gérard DELAVELLE a travaillé comme ouvrier avec des migrants maghrébins, il a été salarié à l’association culturelle du comité d’établissement Peugeot de Sochaux et a, ensuite, repris des études  d’assistant de service social à  l’IRTS (Institut Régional de Travail Social) de Besançon.
Alexis HOPITAL a été le premier prêtre ouvrier du Pays de Montbéliard, en étant ouvrier du BTP dès 1966. Agé  de 90 ans, il vit  sa retraite à Lyon, en lien avec le mouvement spirituel du Prado crée par le Père Chevrier.

La rencontre avait pour ambition d’éclairer localement l’histoire récente des migrations au Pays de Montbéliard depuis 1950 et, en particulier, la migration algérienne, à partir de l’expérience de deux  acteurs se connaissant bien, témoins et passeurs entre migrants et nationaux. Ils étaient invités à décrire la manière dont les religions locales ont réagi à ces migrations économiques indispensables, sur fond de guerre d’Algérie et à travers l’Action Catholique Ouvrière.

  • Le premier est prêtre-ouvrier. Alexis Hopital  a choisi de travailler dans le BTP et a  vécu pendant 23 ans à la marge du « Pays », là où les conditions de travail sont les plus dures, les souffrances les plus vives et les plus sourdes. Il  raconte comment du fait du conflit, les contacts étaient rendus difficiles et comment une rencontre avec un Algérien qui s’avéra être militant du FLN, permit de créer la confiance, de mettre des militants français en lien avec des travailleurs algériens et d’agir dans la solidarité pour finir par créer, de manière œcuménique,  une amicale puis une association franco-algérienne. Celle-ci rayonna dans le grand Est et contribua à ouvrir les Eglises et les collectivités  à cette réalité.
  • Le second, Gérard Delavelle, est un ancien ouvrier de Peugeot devenu, au fil de son syndicalisme militant, assistant social et défenseur des droits des immigrés. Il décrit  l’évolution de ces mouvements migratoires liés à l’emploi, la déférence à l’égard des nationaux et le sentiment d’infériorité hérité de la colonisation, la prise de conscience des populations grâce au cartel des associations d’accueil. La diminution inexorable des emplois depuis 30 ans qui passèrent chez PSA de 40000 à 6000 CDI provoqua le retournement des sentiments à l’égard des immigrés et le désir de reprise en main par les migrants de leur destin et de leur dignité  par l’affirmation de droits identitaires culturels et  cultuels.

 Simplicité évangélique et humanité lumineuse sont les marques de ces deux témoignages au plus près de la condition  de l’immigré. Lequel vit une double absence dans son parcours : tout à la fois absent de son pays, frappé de culpabilité inexpiable, mais tout aussi absent, du fait de l’exclusion dont il est victime, du pays d’arrivée qui le traite comme un problème. Un rappel utile à entendre aujourd’hui.

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